Tokoname, Balade et poterie !


Comme la plupart des villes que j’ai visitées lors de ce voyage, je l’ai choisie un peu par hasard avec peu d’informations.
Pourtant, c’est historiquement la plus grande ville productrice de céramique, alors je lui ai donnée sa chance.
De plus elle se trouve à moins de 40 minutes en train depuis Nagoya via la ligne Meitetsu Tokoname Line, pour un tarif de 960 yens depuis la Station Jingu-Mae de Nagoya.

Cette article est en complément de ma vidéo sur Tokoname que vous pouvez voir ici :

 

 

La balade touristique

En sortant de la gare, je me retrouve rapidement sur la Manekineko-dori, une rue avec un mur rempli d’œuvres en céramique inspirées du Manekineko, mascotte de la ville, faites par des artistes japonais et internationaux.

  • manekineko dori

À la fin de la rue, je lève la tête et prend un peu de distance afin d’apercevoir le plus grand Manekineko du Japon (enfin… sa tête) :

 TOKONYAN

tokonyan

Tokonyan, mascotte de la ville (photo prise depuis le pont attenant)

Encore un peu de marche tout droit et je suis enfin au point de départ du circuit de 1,5 km à travers la vieille ville de Tokoname et la colline Dokanzaka qui transpire la poterie sur les murs et dans le sol, c’est vraiment une superbe balade !
Les murs ont été habillés par les habitants avec les rebuts des cuissons de tuyaux et de jarres à Shochu, on peut donc facilement jaugé la quantité industrielle produite à l’époque face à la quantité d’objets avec des défauts utilisés de cette manière ! 

dokanzaka tokoname

Coline Dokanzaka

On peut trouver de nombreuses petites boutiques traditionnelles et de très bon restaurant, si vous voulez un set à saké ou un souvenir en terre cuite, vous trouverez votre bonheur.

Depuis 2007, Tokoname est reconnu comme marque local.
Leurs spécialités sont les carillons éoliens, les pots à bonsaï, les théières et les brûleurs à encens mais l’on trouve aussi des choses moins traditionnelles, comme ces pierres flottantes.

pierre flottante

pierre flottante (entre 200 et 500 yens)

Un chemin pédestre et un chemin motorisé

Il existe un second « chemin » de 4,5 km, mais sans voiture, je le déconseille car on marche principalement dans une bourgade sans grand intérêt, je suis tombé sur quelques petits endroits sympathiques avec des poteries, mais dans l’ensemble ça ne vaut pas forcément le coup.

Plein de volonté d’en voir plus (et parce que je ne savais pas ce qui m’attendais), je suis quand même allé jusqu’au musée INAX qui est dédié aux mosaïques du monde entier (environ 2km de marche depuis le point de départ des routes).

INAX est une entreprise de céramique industrielle ayant son usine à Tokoname, le musée se trouve sur le site d’une ancienne usine de tuyaux en céramique.

musée INAX

Intérieur du musée INAX

C’est joli, mais ça ne m’a pas transcendé… Le musée est quasi neuf et propose de nombreuses activités (payante) destinées principalement aux enfants.
Le site du musée est assez grand et comporte également des zones gratuites comme la Kiln Plaza et le Terracotta Park.

inax tokoname

Musée INAX de tokoname

Mon conseil pour les visiteurs pédestres est donc de rester autour du “Pottery Path A” de 1,5km et vous perdre dans ses alentours en allant, par exemple, voir de plus prêt Tokonyan ou se rendre dans les petites rues sinueuse de la vieille ville, il y a assez à voir pour une bonne demi-journée !

plan du pottery path A

J’ai profité de l’après-midi pour me rendre au stade de Boat Race de la ville afin de goûter à ce divertissement (très) populaire, rendez-vous sur cet article pour le découvrir !

 

Un peu d’Histoire !

Tokoname est la plus grande et la plus ancienne ville faisant partie de ce qu’on appelle les Rokkoyô « les Six anciens Fours du Japon », à savoir les six villes produisant les meilleures céramiques du Japon, selon un classement du savant et potier Koyama Fujio.

Les autres étant les céramiques de Bizen, Echizen, Seto, Shigaraki et Tachikui.

La Péninsule de Chita

Les premiers vestiges de production de la ville datent du 12e siècle, à cette époque de nombreux potiers s’installèrent sur la péninsule de Chita.
Dès la fin du siècle, la ville devient spécialisée dans la production de jarres et de pot utilisés à travers tout le Japon.

Au début du 15e siècle la production de la péninsule s’est recentré à Tokoname et des fours de plus grande contenance sont construits dans la ville.

La production est florissante et à la fin du 19e siècle la ville connait un véritable boom dans la production de tuyaux en céramique et de Jarres à Shochu, qui sont exporté à travers tout le Japon principalement grâce à la nouvelle ligne de train construite.

En 1887 une trentaine d’entreprises de céramique se lancent dans la construction d’un nouveau four multi-chambres.

NOBORIGAMA DE TOKONAME

Ce que Tokoname a de plus que les autres c’est son four ! Car il est le plus grand de type Noborigama au Japon et un vestige des 60 fours de ce type, mais de taille moindre, qui existaient dans la ville.
Depuis 1982 il est inscrit au patrimoine culturel du Japon.

Vue des cheminées arrière du Noborigama de Tokoname

Le design du four est basé sur ce qu’on appelle « four Dragon » qui est apparu en Chine aux alentours du 5e siècle avant d’arriver en Corée et enfin, au Japon, au 17e siècle.
C’est Donc le plus grand, mais aussi probablement l’un des derniers de grande taille à avoir été construit.
Il est composé de huit chambres étalées sur une longueur de 55m et une hauteur totale de 31m.

Le feu est alimenté à la base de celui-ci et remonte jusqu’aux cheminées qui se trouvent à l’autre bout.

La construction est assez précise et permet d’avoir différents niveaux de chaleur à chaque étage en fonction des poteries à cuir. Par exemple, les cheminées ont des hauteurs différentes entre le centre et les bords afin que la chaleur soit la mieux repartie sur toute la largeur du four.

La cuisson

Pour effectuer une cuisson, il faut l’alimenter huit jours sans pauses donc pour des raisons économiques, mais surtout écologique il n’est plus utilisé depuis 1973 car forcément moins efficace que les fours modernes, mais à l’époque c’était le nec plus ultra en terme de production.

Certains potiers sont toujours très attirés par les Noborigama, car ce type de four donne forcément un rendu plus organique et moins formaté aux céramiques.

SUIKINKUTSU

Juste à côté du four, se trouve le Noborigama Square avec un ornement de jardin japonais que je n’avais encore jamais rencontré, un Suikinkutsu.

Le système fut créé au début du 19e siècle et destiné à être installé à côté du lieu où se déroule la cérémonie du thé.
Signifiant littéralement « Caverne du koto D’eau » il est censé reproduire plus ou moins le son d’un Koto…avec de l’eau. (merci captain obvious)
Le système consiste en une jarre trouée et retournée dans le sol avec de l’eau stagnant au fond.

On verse un peu d’eau sur les pierres placées au-dessus et elle tombera doucement dans le trou en produisant un son plutôt métallique dû à la résonance du pot.
Je dois avouer que c’est assez relaxant comme bruit (ou si vous avez l’esprit tordu, c’est aussi le bruit d’une personne en train de faire pipi dans une grotte :3)

Conclusion

c’est donc une très belle ville et une très bonne balade.
Le bon côté c’est que ce n’est pas la ville la plus connue dans ce domaine donc le tourisme n’y est pas invivable et les boutiques ne sont pas des attrapes touristes.

Autre bon point, Toutes les infos sont disponibles en anglais sur place avec des plans à dispositions et un fléchage traduit !

Alors, visitez Tokoname, vous ne le regretterez pas !

Infos Pottery Path Tokoname (Anglais) : http://www.tokoname.or.jp/cerapath/path-e.htm

Sources :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Tokoname
https://en.wikipedia.org/wiki/Tokoname_ware
https://en.wikipedia.org/wiki/Japanese_pottery_and_porcelain
https://fr.wikipedia.org/wiki/Four_dragon

 

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